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Jardin anglais : tout comprendre et réussir son aménagement

Vous pensiez que votre jardin en friche était une tare ? Il est en fait au sommet du bon goût. On vous explique comment créer votre jardin anglais (même sur 4m²).

13 min
Jardin & Extérieurs
11 January 2026 à 10h57

On ne va pas se mentir : le jardin anglais est la meilleure invention qui soit. Pour les paresseux qui veulent faire croire que leur fouillis est un parti pris esthétique. Pour les rêveurs qui cherchent la poésie dans un bosquet de rosiers. Mais aussi pour ceux qui veulent juste leur petite parenthèse de douceur. Et pour cause : ce style inimitable coche toutes les cases du plaisir visuel. Sauf qu’en réalité, c’est tout sauf un jardin de feignasse. Car derrière son apparente négligence, le jardin anglais est l’un des plus exigeants qui soient. Disons-le franchement : on n’a pas trouvé mieux qu’un fouillis calculé au millimètre pour donner l’illusion du naturel. On n’a pas trouvé mieux non plus qu’un fouillis calculé au millimètre pour donner l’illusion du naturel. Entre nous, c’est même plus de boulot que de tondre une pelouse au carré. Mais avec un peu de méthode, il est tout à fait possible de se lancer chez soi. Même avec un petit espace. La méthode en question ? On vous l’a préparée dans notre guide complet. Avec en bonus : une sélection de plantes et fleurs idéales, un comparatif avec le jardin à la française et un plan détaillé à copier-coller.

Le jardin anglais : un joyeux bazar (faussement) organisé

On ne va pas se mentir, qui aurait cru qu'un amas organisé de verdure pouvait devenir un manifeste esthétique ? Oui, le jardin anglais, c'est la version deluxe du bazar végétal. Oubliez la rigueur du jardin à la française, ici on joue à cache-cache avec la nature – mais une nature photoshopée à mort, version XVIIIe siècle et sans les filtres cheap.

La philosophie : copier la nature, mais en plus séduisant – romantique, champêtre, paysager avec des formes irrégulières au taquet. C’est une réaction face à l’obsession du carré et du compas. Disons-le franchement : le jardin anglais, c’est de l’art qui se prend pour du jardinage. Les penseurs comme Joseph Addison et Alexander Pope rêvent déjà de tableaux vivants où chaque bosquet est mis en scène façon cinéma d’auteur. Quant à William Kent, il balance carrément les premiers paysages façon peinture grandeur nature.

Une ode à la nature (mais pas trop sauvage quand même)

Le vrai délire, c’est de faire croire que tout pousse au petit bonheur alors que chaque coin est scénarisé comme un plan séquence digne d’un Kubrick botanique. Les peintres paysagistes du XVIIIe inventent carrément le concept d’Instagram avant l’heure : chaque point de vue doit être une composition à faire pâlir un aquarelliste maniéré. On refuse le tracé militaire des allées – ici tout serpente, zigzague et invite à la balade contemplative. Bref, on fait semblant d’aimer le chaos mais on contrôle tout dans le rétro.

Les caractéristiques clés : courbes, surprises et romantisme à la pelle

Petit manuel pour repérer un vrai jardin anglais sans te faire arnaquer par un ersatz en toc :

  • Allées sinueuses : oublie les lignes droites, ici ça tourne pour mieux cacher le prochain effet waouh.
  • Perspectives cachées : chaque détour promet une surprise visuelle (statue, bosquet ou simple banc oublié).
  • Point d’eau : étang naturel ou fausse rivière… peu importe du moment que ça miroite sous le soleil.
  • Bosquets d’arbres : histoire de casser les vues et jouer avec l’ombre comme un vrai metteur en scène.
  • Fabriques de jardin : fausses ruines antiques, petits temples ou ponts sortis d’un rêve humide ; exemple ultime, le parc de Stowe où chaque 'fabrique' fait grimper le taux de romantisme artificiel !

Plus c'est tortueux et surprenant, plus on est dans le véritable esprit du jardin anglais.

Vue panoramique classique d'un jardin anglais avec allées courbes, étang et fabrique style Stowe

L'art de la fausse négligence : un style qui demande du boulot

Attention arnaque ! Sous ses airs négligés et naturels, ce style demande un sens du détail quasi-maniaque. Entre nous, c’est plus de travail de faire croire au désordre qu’un gazon tondu au laser chez Versailles !! Taille des buissons "au feeling calculé", désherbage ciblé (pour éviter que ça vire jungle amazonienne), planification des floraisons pour que ça fleurisse non-stop… On ne naît pas paysagiste anglais désinvolte – faut charbonner dur.

Et si tu crois qu’il suffit de laisser pousser… t’as juste inventé le terrain vague chic.

Jardin anglais vs jardin à la française : un duel historique 🥊

Disons-le franchement, si tu crois que tous les jardins tirent sur la même ficelle, t’as raté un épisode historique. Le choc des titans : Lancelot « Capability » Brown, pape de l’ondulation végétale made in England, versus André Le Nôtre, grand manitou du compas royal et de la perspective façon laser chez Louis XIV. D’un côté, on t’impose le parcours comme à l’armée ; de l’autre, on te laisse errer dans un décor qui fait croire à la liberté… mais pas trop non plus.

La ligne droite de Le Nôtre contre la courbe de 'Capability' Brown

Le Nôtre, c’est le boss des axes géants et symétries qui claquent (hello Versailles), où chaque buisson file droit au garde-à-vous. Tu marches, tu obéis. Le jardin anglais sauce Capability Brown ? Tout t’invite à la balade imprévue : chemins qui serpentent comme une playlist sans fin, surprises visuelles derrière chaque bosquet.

L’art topiaire français taille tout ce qui dépasse — ordre et contrôle maximum. En face : foisonnement, accidents volontaires et mise en scène de la nature idéalisée !

Petite parenthèse érudite : le jardin à la française n’est pas le seul à jouer la carte de la structure ; son cousin le jardin à l’italienne apporte aussi sa touche avec une géométrie millimétrée et un art topiaire soigné.

Tableau comparatif rapide

Critère Jardin Anglais Jardin à la Française
Formes dominantes Courbes, méandres Lignes droites, angles nets
Vision de la nature Idéalisée & scénarisée Dominée & rationalisée
Éléments clés Fabriques, étangs, bosquets cachés Bassins géants, parterres brodés
Émotion recherchée Mélancolie douce-amère, surprise Ordre absolu, grandeur implacable
Parcours Invitation à flâner Itinéraire imposé
Rapport au vivant Collaboration feinte Domination affirmée

Illustration comparant jardin anglais et jardin à la française

Dompter la nature ou composer avec elle : deux visions du monde

C’est là que ça devient croustillant. Le jardin à la française ? Véritable pub pour l’ordre humain : chaque arbre aligné pour rappeler qui commande. C’est Louis XIV qui pose pour Instagram avant l’heure – posture « maître du monde », merci André Le Nôtre.

En face ? Les Anglais débarquent avec leur délire poético-mélancolique : tout semble laissé au hasard mais a été conçu pour émouvoir. On veut du rêve éveillé sous couvert d’herbe folle domestiquée – c’est un coup monté magistral. Marie-Antoinette elle-même craque pour le concept au Petit Trianon : hop ! Un hameau rustique ultra-sophistiqué où rien n’est vrai mais tout fait genre.

Bref, on fait comme on peut pour se sentir en paix avec la verdure – soit en matant tout ça bien droit depuis un perron royal, soit en faisant semblant d’être perdu dans des méandres calculés jusqu’au bout des racines.

Créer votre propre jardin anglais (même sur un balcon, ou presque)

Disons-le franchement, y'a pas de "liberté florale" sans plan de bataille. Un jardin anglais qui claque, même sur 12 m² de terre ou un balcon, ça commence toujours au crayon. Le laisser-aller, ça se prépare les gars !

Étape 1 : Le croquis, votre plan de bataille pour un désordre maîtrisé

Oublie le freestyle total. Avant d'aller planter à tout-va, assieds-toi et gribouille ton espace sur une feuille (ou sur le ticket de caisse du supermarché si t'as rien d'autre). Prends tes mesures, place les gros trucs fixes genre cabane branlante ou vieil abri à outils et découpe des zones :
- Chemins tortueux, jamais droits (sinon c'est la honte)
- Massifs principaux là où tu veux des explosions de fleurs
- Point focal : banc oublié sous un arbre, poterie déjantée ou le vieux barbecue détourné en sculpture
- Zones hautes (plantes XXL) au fond ou là où il faut masquer une clôture foireuse
- Coin repos, forcément planqué derrière un bosquet comme si tu étais le seul à connaître l'endroit.

Pensez en termes de scènes à découvrir, pas de lignes à suivre. Votre jardin doit raconter une petite histoire à chaque détour.

Croquis stylisé d'un petit jardin anglais avec allées courbes, massifs fleuris et point focal romantique.

Mon anecdote ? J’ai voulu jouer les stars du paysage sur mon balcon. Au résultat : un fouillis végétal en pot qui a fait marrer tout l’immeuble… Mais franchement ? Même raté, ça avait plus de style que le plastique triste du voisin !

Étape 2 : Créer du relief et des allées qui ne vont jamais tout droit

Pas de talus ? Pas grave : tu peux tricher avec trois plantes bien placées. Aligne du haut au fond : graminées géantes derrière (type miscanthus), vivaces robustes au centre et des babioles rampantes devant (thym rampant ou alysses). Effet waouh garanti depuis la fenêtre – même sans colline ! Pour les cheminements : oublie le béton (sérieusement). Mise plutôt sur :
- Des copeaux de bois façon sous-bois paresseux,
- Quelques pas japonais en ardoise pas alignés comme des soldats,
- Ou carrément juste la pelouse piétinée par tes passages répétés !
Un chemin réussi doit donner envie de traîner, pas d’arriver direct au bout.

Étape 3 : Intégrer des éléments de déco qui ont une âme

Pas besoin d’hypothéquer la baraque pour faire romantique. Check-list pour ambiance British sans ruiner ton PEL :
- Vieux banc en fer forgé – piqué chez mamie ou chiné sur Leboncoin,
- Arche métallique rouillée à moitié engluée dans les rosiers ou clématites,
- Poteries en terre cuite vieillies, faciles à patiner avec un yaourt nature laissé dehors (véridique !),
- Quelques accessoires décalés : nichoir cabossé, fontaine récupérée chez Emmaüs...
Le Jardin Anglais de Genève a son horloge fleurie et sa fontaine emblématique – toi aussi tu mérites ton objet signature, même s’il fait 30 cm ! Entre nous : deux bons objets suffisent à donner « l’âme » au lieu.
Pour encore plus d’idées — et éviter l’écueil du catalogue cheap — fonce voir notre guide complet d'idées jardin : y’a matière à piocher pour tous budgets et tous tempéraments.

Quelles plantes choisir pour un jardin anglais digne de Jane Austen ? 🌿

Franchement, si t’as envie d’un jardin qui donne l’illusion du « tout pousse tout seul », va falloir bosser ta liste de courses. Un vrai massif anglais, ça s’anticipe comme un casting de cinéma : faut des stars, des seconds rôles et des figurants qui assurent l’ambiance !

Les stars du massif : vivaces foisonnantes et rosiers grimpants

Le fameux mixed-border, c’est l’art (hyper calibré) de mélanger vivaces, annuelles, bulbes et feuillages dans un même espace pour avoir des fleurs à tous les étages, et toute l’année. Entre nous : pas question d’un rang plan-plan ou d’une platebande tristounette !

Dans le rôle principal :
- Rosiers anciens (grimpants ou en buisson) : parfum, romantisme et fleurs à gogo.
- Lavandes : elles sentent bon et font le lien entre les couleurs violet/mauve et le vert. Effet provençal british assuré.
- Delphiniums : hautes tiges bleues/violettes qui claquent derrière les massifs.
- Digitales : look gothique-chic assuré, avec leurs longues clochettes suspendues.
- Gauras : petites fleurs légères qui flottent au vent – la touche désinvolte so British.
- Népétas : ça attire les abeilles, ça pousse vite (parfois trop…), et c’est joli en bordure.
- Feuillages costauds genre hosta, alchémille, voire acanthes pour casser la monotonie florale.

Le secret ? Alterner taille, forme, texture… Mélange les grandes tiges raides avec les touffes basses ou retombantes. Un mixed-border qui se respecte doit donner l’impression que chaque centimètre carré est disputé par une plante plus exubérante que sa voisine.

Un vrai mixed-border anglais dense : delphiniums violets, roses anciennes pâles, lavandes parfumées et feuillage luxuriant de hosta.

Les arbres et arbustes : la charpente indispensable du décor

Faut pas croire : sans squelette solide derrière tout ce fouillis floral, ton jardin ressemblera juste à une friche cool mais anonyme. Les arbres et arbustes apportent relief, ombre, cadre visuel — bref ils mettent tout le monde d’accord.

Petits espaces ? Pars sur un érable du Japon (couleurs folles à l’automne), un cornouiller à fleurs (printemps éclatant) ou même un petit lilas rustique. Jardin moins riquiqui ? Le grand jeu : magnolia (fleurs monumentales), vieux pommier tordu façon conte anglais bizarre ou la classique mais classe viorne boule de neige pour l’effet mousseux au printemps. Ces gars-là créent des coins secrets, masquent les vis-à-vis pourris et servent d’écran géant à tes futurs mixed-borders.

Les graminées pour la touche de légèreté (et parce que c’est la mode)

Disons-le franchement, tu veux remplir sans te ruiner ni passer ta vie à entretenir ? Plante des graminées ! Elles font le taf niveau volume ET mouvement :
- L’élégant Stipa tenuissima (cheveux d’ange) vraiment inratable,
- Le costaud Miscanthus sinensis ‘Gracillimus’ (hauteur garantie si tu veux du fond sans mur),
- Le graphique Pennisetum alopecuroides (pompons bizarres mais stylés),
- Ou le rustique Panicum virgatum (‘Shenandoah’ pour une couleur automnale dingue).
Ces herbes-là captent la lumière comme personne ; elles ondulent dès qu’il y a trois grammes de brise… Bref : ça donne du peps visuel douze mois sur douze !

Ces graminées remplissent l’espace à moindre coût, demandent peu d’entretien et donnent l’impression que le vent danse dans votre jardin.

Le jardin anglais, un style à adopter selon vos envies

Disons-le franchement : le jardin anglais, c’est le pied si t’aimes l’esthétique romantique, les coins secrets et la poésie des herbes folles qui chuchotent sous la pluie. Parfait pour booster la biodiversité — insectes et oiseaux te remercieront d’arrêter la tondeuse maniaque. Mais attention, pas de feignants ici : faut planquer sa flemme sous une couche de stratégie, sinon ton Eden finit en terrain vague que même Jane Austen n’oserait décrire.

Le hic ? Ce style demande un cerveau bien affûté pour planifier chaque scène sans tomber dans le grand n’importe quoi. Et un minimum d’huile de coude régulier pour contenir l’exubérance (sinon ciao les voisins !). Entre nous, mon balcon-jungle en plastique m’a appris l’humilité : mieux vaut un joyeux désordre assumé qu’un carré triste et aseptisé. Osez le bazar chic – même sur 4m², ça claque toujours plus qu’un alignement de géraniums rabougris.

Le jardin anglais est l'art de donner l'illusion que la nature fait tout le travail. Ce chaos poétique demande plus de réflexion que d'efforts physiques, mais il séduit par son charme intemporel.
Jardin anglais : tout comprendre et réussir son aménagement

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